Accueil » Blog » Membres supérieurs » Laser, ondes de choc et PRP dans les douleurs d’épaule : ce que dit vraiment la science
Laser, ondes de choc et PRP dans les douleurs d’épaule : ce que dit vraiment la science
Rédigé par Nicolas LEROUSSEAU
Kinésithérapeute, Spécialiste des membres supérieurs
Laser, ondes de choc, injections de PRP… Dans les douleurs d’épaule, les thérapies passives restent très présentes en pratique quotidienne. Mais que dit vraiment la littérature scientifique récente sur leur efficacité ? Les réponses sont plus nuancées, et plus exigeantes, qu’on ne le croit.
Sommaire
Le paradoxe des thérapies passives : une efficacité transitoire ?
La prise en charge des tendinopathies de la coiffe des rotateurs (TCR) et des douleurs d’épaule représente un enjeu quotidien en kinésithérapie. Si les thérapies passives sont encore largement utilisées, les données récentes de la littérature invitent à une grande prudence quant à leur efficacité réelle et durable.
Les revues systématiques récentes sont convergentes : de nombreuses approches conservatrices reposent sur des preuves de qualité faible à très faible. Ce constat concerne en particulier trois modalités très répandues en cabinet, le laser de basse intensité, les ondes de choc extracorporelles (ESWT) et les injections de plasma riche en plaquettes (PRP).
Pour mieux comprendre les mécanismes sous-jacents à ces tendinopathies et affiner votre raisonnement clinique, la formation Épaule de Skeals propose une approche fondée sur les données probantes, du bilan au suivi.
Voici ce que la littérature indique pour chacune des trois thérapies passives les plus documentées dans les TCR.
Laser de basse intensité
Les données actuelles sont claires : le laser de basse intensité n’est pas efficace pour améliorer la douleur ou la fonction à court terme chez les patients souffrant de tendinopathie de la coiffe des rotateurs. Cette conclusion ressort des revues systématiques de bonne qualité portant sur les essais contrôlés randomisés disponibles.
Des études plus récentes (Castaldo et al., 2023) ont exploré l’association laser + exercices thérapeutiques, avec des résultats plus favorables sur la douleur et la fonction. Cependant, la supériorité du laser sur les exercices seuls n’est pas confirmée de façon constante : l’exercice reste l’élément actif central, et l’apport spécifique du laser demeure incertain.
Ondes de choc extracorporelles (ESWT)
Les ondes de choc font l’objet de nombreuses méta-analyses, avec des résultats contrastés. Certaines suggèrent une amélioration de la douleur et de la fonction, mais les conclusions restent hétérogènes et controversées :
Aucune amélioration statistiquement significative de l’amplitude de mouvement en abduction n’a été démontrée.
L’ESWT n’apporte pas de bénéfice supplémentaire lorsqu’elle est associée à des programmes d’exercices supervisés.
Un point de nuance mérite d’être souligné : l’efficacité des ondes de choc semble varier selon le tableau clinique. Dans les tendinopathies calcifiantes symptomatiques, certaines données montrent une réduction des calcifications et une amélioration de la douleur supérieure au programme d’exercices seul. Cette variation selon le sous-type clinique confirme l’importance du diagnostic différentiel avant de proposer la modalité.
Plasma riche en plaquettes (PRP)
Le PRP présente un profil d’efficacité plus prometteur à court terme, mais avec des limites importantes à connaître :
À court terme (environ 6 mois) : des effets positifs sur la douleur et le score de Constant-Murley ont été observés dans les déchirures partielles et les tendinopathies de la coiffe.
À long terme (1 an ou plus) : aucun effet significatif sur la douleur ou la fonction n’a été démontré.
Autrement dit, le PRP peut soulager temporairement, mais il ne modifie pas l’histoire naturelle de la pathologie à moyen-long terme. Ce constat est essentiel à communiquer aux patients qui envisagent cette option souvent coûteuse.
Thérapie passive
Effet sur la douleur
Effet sur la fonction
Durabilité
Niveau de preuve
Laser basse intensité
Non démontré
Non démontré
Non applicable
Faible à très faible
Ondes de choc (ESWT)
Résultats hétérogènes
Hétérogène, pas d’effet en abduction
Incertaine
Faible à modéré
PRP
Positif à 6 mois
Positif à 6 mois (Constant-Murley)
Pas d’effet à 1 an ou plus
Faible à modéré
Sources : [1] Castro BKC et al. Phys Ther Sport 2021 DOI · [2] Xiang XN et al. Clin Rehabil 2021 DOI · [3] Xue X et al. BMC Musculoskelet Disord 2024 DOI
Vous voulez aller plus loin sur la prise en charge des tendinopathies de la coiffe ? La formation Épaule de Skeals détaille les données probantes, les protocoles d’exercices et le raisonnement clinique pas à pas.
L’efficacité modeste des thérapies passives n’est pas un hasard. Trois facteurs structurels expliquent la faiblesse des preuves disponibles.
Hétérogénéité des protocoles
Les variations importantes des paramètres thérapeutiques rendent les résultats difficilement reproductibles en pratique clinique. Pour l’ESWT, la fréquence et l’énergie des ondes varient considérablement d’une étude à l’autre. Pour le PRP, les méthodes de préparation (concentrations en plaquettes, leucocytes, activation) diffèrent parfois du tout au tout. Comparer ces études revient à comparer des interventions cliniquement distinctes.
Faible qualité méthodologique des études
La majorité des études présente des biais importants : petits échantillons, absence de mise en aveugle (impossible pour certaines modalités), groupes contrôles discutables, durées de suivi insuffisantes. Ces limites méthodologiques fragilisent la solidité des recommandations qu’on pourrait en tirer.
Un impact fonctionnel durable rarement atteint
Même lorsque la douleur diminue transitoirement, ces thérapies échouent souvent à restaurer durablement la fonction globale de l’épaule. Or, c’est bien la fonction, et non simplement la douleur, qui conditionne le retour aux activités professionnelles, sportives ou de la vie quotidienne. Un patient qui souffre moins mais dont l’épaule reste fonctionnellement limitée n’est pas un patient guéri.
Deux patients arrivent en consultation avec une lombo-sciatique. Même diagnostic, même prescription de prégabaline. L’un est soulagé, l’autre non. La différence ne se joue pas dans la pathologie : elle se joue dans leur profil sensoriel. C’est ce que la recherche confirme aujourd’hui, et ce que vous pouvez commencer à évaluer dès la prochaine séance.
Une patiente consulte pour des cervicalgies chroniques. Son poste a été audité, son siège est ergonomique, son écran à la bonne hauteur. Et pourtant, les douleurs persistent. L’ergonomie a-t-elle failli, ou n’était-elle qu’une partie du problème ? La littérature scientifique apporte une réponse claire : conseiller une bonne posture ne suffit pas, et la prévention efficace repose sur des leviers bien différents.
Votre patient suit les exercices. La progression est logique. La prise en charge est cohérente. Et pourtant, la douleur persiste. Dans certains cas, les changements de Modic visibles à l’IRM peuvent être un facteur négligé du raisonnement clinique, et leur identification change concrètement ce qu’on prescrit, ce qu’on dose, et ce qu’on explique au patient.
Pour offrir les meilleures expériences, nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations des appareils. Le fait de consentir à ces technologies nous permettra de traiter des données telles que le comportement de navigation ou les ID uniques sur ce site. Le fait de ne pas consentir ou de retirer son consentement peut avoir un effet négatif sur certaines caractéristiques et fonctions.
Fonctionnel
Toujours activé
L’accès ou le stockage technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’utilisateur, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
L’accès ou le stockage technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou l’internaute.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques.Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
L’accès ou le stockage technique est nécessaire pour créer des profils d’internautes afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’utilisateur sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.